« Tu ne changeras jamais les choses en combattant ce qui existe déjà.
Pour changer les choses, construis un nouveau modèle qui rendra l’ancien obsolète.»
R. Buckminster Fuller

samedi 14 janvier 2012

“Le monde sera ce que nous en ferons"

Après m’être présenté (virtuellement) aux présidentielles de 1995, avec l’insuccès que vous savez, j’ai médité ce petit conte chinois en forme d’allégorie et ai décidé de récidiver en 2012 car la situation est trop grave, de l’avis général, pour que TOUT ne soit pas tenté dans la recherche de solutions aux redoutables problèmes qui vont assaillir les prochaines générations, celles de nos enfants et petits-enfants, si nous laissons les choses aller en l’état.

“Le monde sera ce que nous en ferons” disait Einstein. Que celles et ceux qui en ont pris conscience se mobilisent, se concertent, s’entraident, en un mot s’auto-organisent pour PENSER et CRÉER ce XXIe S. qui risque fort, sinon, de tourner bien vite à l’apocalypse.

Internet, si décrié par certains, sera lui aussi ce que nous en ferons. Il peut, il DOIT être un outil extraordinaire sous nos doigts comme l'est ci-dessous la cithare de Cheu-wenn et nous aider à transformer le monde.

 « Quand P'ao-pa touchait sa cithare, les oiseaux dansaient, les poissons sautaient.

Désirant acquérir le même talent, Cheu-wenn quitta sa famille, pour s'attacher à Cheu-siang. Il passa d'abord trois années entières à s'exercer au doigté et au touché, sans jouer aucun air. Le jugeant peu capable, Cheu-siang finit par lui dire :
- Vous pourriez retourner chez vous...

"Déposant sa cithare, Cheu-wenn dit en soupirant :
- Non, je ne suis pas incapable, mais j'ai un but, un idéal plus haut que le jeu classique ordinaire ; je n'ai pas encore ce qu'il faut pour communiquer aux êtres extérieurs l'influence issue de mon cœur ; voilà pourquoi je n'ose pas faire résonner ma cithare : elle ne rendrait pas encore les sons que je voudrais. Puisqu'il faut que je parte, je pars ; mais ce ne sera qu'une absence ; nous nous verrons bientôt. De fait, pas bien longtemps après, Cheu-wenn revint chez Cheu-siang.

- Où en est votre jeu ? lui demanda celui-ci.
- J'ai réalisé mon idéal, dit Cheu-wenn ; vous allez voir...

"On était alors en plein printemps. Cheu wenn toucha la corde Chang, qui répond au tuyau Nan et à la saison d'automne ; aussitôt un vent frais souffla et les fruits mûrirent. Quand en automne, il toucha la corde Kiao, qui répond à la cloche Kia et à la saison du printemps, un vent chaud souffla, et les plantes fleurirent. Quand, en été, il toucha la corde U, qui répond à la cloche Hoang et à la saison d'hiver, la neige se mit à tomber et les cours d'eau gelèrent. Quand en hiver, il toucha la corde Tcheng, qui répond au tuyau Joei-pinn et la saison d'été, les éclairs brillèrent et la glace fondit. Enfin, quand il toucha simultanément les quatre cordes produisant l'accord parfait, une douce brise souffla, de gracieux nuages flottèrent dans l'air, une rosée sucrée tomba du ciel, et des sources vineuses jaillirent de la terre...

"Frappant sa poitrine et bondissant en marques de regret, Cheu-siang dit :
- Quel jeu vous possédez ! Il égale ou surpasse en puissance celui de Cheu-k'oang et de Tseou-yen. En votre présence, ces maîtres devraient déposer la cithare, et prendre le flageolet, pour vous accompagner. »

Lie-Tzeu, in Jean Grenier - l'Esprit du Tao ; éd. Champs-Flammarion.


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