Solution proposée : la démocratie réelle
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| Platon - La République |
Eh bien, Puisque les princes qui nous gouvernent tardent à devenir philosophes, que les philosophes deviennent rois !
(Il faut entendre Philosophie au sens antique d’amour de la sagesse et en ce sens, chacun d’entre nous peut s’en réclamer ou s'en approcher).
Voici quelques définitions de la sagesse qui permettront peut-être de mieux cerner la signification d'un concept aux contours assez flous :
Passons rapidement sur la définition désabusée qu'en donne Ernest Hemingway: "La sagesse des vieillards, c'est une grande erreur. Ce n'est pas plus sages qu'ils deviennent, c'est plus prudents."
◆ Qualité de quelqu'un qui fait preuve d'un jugement droit, sûr, équilibré.
◆ Qualité de quelqu'un qui agit avec prudence et modération.
◆ Idéal supérieur de vie proposé par une doctrine morale ou philosophique : la sagesse orientale.
◆ Connaissance du vrai et du bien, fondée sur la raison et sur l'expérience.
◆ Juste connaissance des choses. (Synonyme clairvoyance, discernement).
◆ Connaissance critique, juste appréciation des choses.
◆ Conduite selon les règles de la prudence, de la prévoyance. La sagesse elle-même consiste à voir ou à prévoir la direction où tendent les choses, selon l'ordre le plus naturel, le plus conforme à l'état de la société, à une époque donnée, et à marcher dans cette direction en modifiant les institutions d'une manière analogue.
Le livre d'or de la sagesse universelle
Éditions Sylvère CHRISTOPHE
268 pages,
format 20 x 14 cm
Près de 2 500 citations
empruntées à plus de 800 auteurs
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Présentation : « Homme avisé ! Sois ambitieux en devenant sage ! Tôt ou tard, l'autorité d'un Sage sera la reine du monde ».
Ainsi s’exprimait Pythagore plus de cinq cents ans avant Jésus-Christ.
En effet, selon le Dictionnaire Larousse de la philosophie : “L'idéal du sage fut le plus haut de l'Antiquité. Les Sept sages de la Grèce, que les puissants allaient consulter possédaient à eux seuls tout le savoir de l'époque. Le sage antique vivait en harmonie avec le monde ; toutes les lois de l'Univers se répercutaient en lui... En un sens plus moderne, le sage est celui qui vit en harmonie avec l'Humanité : c'est celui qui, dans l'ordre humain, comprend tout sans avoir tout éprouvé... La sagesse est, au sens antique, la connaissance intuitive des lois du monde et, au sens moderne, la compréhension des problèmes d'autrui.”
A l’autre extrémité du continent asiatique, Confucius, son cadet de trente ans affirmait : "Celui qui le matin a compris les enseignements de la sagesse, le soir peut mourir content."
Plus près de nous dans le temps et dans l’espace, Maine de Biran propose cette définition : "La sagesse consiste à voir ou à prévoir la direction où tendent les choses, selon l'ordre le plus naturel, le plus conforme à l'état de la société, à une époque donnée, et à marcher dans cette direction en modifiant les institutions d'une manière analogue." (Journal, 1816)
A l’appui de cette définition, voici deux citations qui semblent convenir parfaitement et qui, pour dater de plus de deux cents ans, n’ont rien perdu de leur pertinence.
Tout d’abord celle de Balzac tirée du roman Les Petits Bourgeois : "La spéculation hideuse, effrénée, qui, d'année en année, abaisse la hauteur des étages, découpe un appartement dans l'espace qu'occupait un salon détruit, qui supprime les jardins, influera sur les mœurs de Paris. On sera forcé de vivre bientôt plus en de-hors qu'au-dedans."
Ensuite celle de Victor Hugo extraite du roman Claude Gueux paru en 1834, dénonçant la peine de mort et encore souvent citée car d’une brûlante actualité : "Celui qui ouvre une porte d’école ferme une prison."
Ainsi, à la différence d’autres livres de sagesse consacrés davantage à la méditation, au repliement sur soi, ce Livre d’Or de la Sagesse universelle se veut un recueil de pensées pour le temps présent.
L'homme est mû, régi par quatre forces (instinct, sentiment, raison, conscience) qui cohabitent et souvent se combattent.
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| Platon |
Aucune théorie politique ne peut, à mon sens, faire l'économie d'une anthropologie, d'une réflexion sur la nature humaine en vue de se forger une conception de l'Homme.
Déjà au IVe S. av. J.C., dans “La République”, Platon expose sa philosophie politique, résumée par le Larousse de la philosophie :
“Son originalité est de concevoir la structure de la nation et l'équilibre social à l'image de l'équilibre individuel, (Microcosme/Macrocosme) L'individu se compose de trois éléments : les désirs physiques (instinct), le cœur ou la sphère des sentiments, et l'activité intellectuelle (la raison) ; la sagesse résulte d'un équilibre entre ces trois fonctions. De même, une société trouve son équilibre lorsque le commerce (l'économie au service des désirs), l’armée (élément sentimental de la nation) et la direction politique (analogue de la faculté rationnelle) se trouvent harmonieusement hiérarchisés : une société uniquement économique peut mourir faute d'idéal, par une surproduction naturelle, ou bien par manque d'armée (société de marchands) ; inversement, trop d'armée conduit à la dictature militaire et tue la République ; c'est pourquoi il faut un pouvoir politique autonome. La République se définit par la nécessité de la séparation, bref l'équilibre de ces trois fonctions.”
Mon objectif est ici, de chercher le lien qui existe entre forme de gouvernement et nature de l'homme telles que définies par Platon, en y ajoutant un quatrième élément : la conscience. On le voit, rien n'est jamais vraiment nouveau !
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| Aristote |
"L'homme est un animal politique" disait Aristote. Il voulait dire par là que l'homme est bien un animal, mais qu'il a développé des comportements politiques dans le but de réguler les relations entre individus et de dépasser les réactions purement instinctuelles, ce qui le distingue de nos cousins. Sur ce dernier point, il se trompait. En effet, les éthologistes (qui étudient les comportements animaux) constatent chaque jour des ruses, des stratégies, des stratagèmes, chez les primates en particulier, pour s'assurer pouvoirs, privilèges, prééminence dans l'accès au sexe opposé en vue de s'assurer une descendance !
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| Frans de Waal : “Le singe en nous” |
Je vous invite également à regarder cette vidéo étonnante qui circule sur internet depuis quelques mois :
Une autre approche de l'histoire d'Homo sapiens
Tout cela demanderait bien entendu à être développé, mais voici à très gros traits une brève histoire d'Homo sapiens.
A sa naissance, le bébé humain est moins évolué que le bébé chimpanzé. Il ne devient "sapiens, sapiens" (sage parmi les sages) qu’au terme d’une lente et longue éducation et encore pas n’importe quelle éducation !
Héritées de ses ancêtres primates, il a d’abord développé des relations basées sur l’instinct, la force, l’agressivité.
Peu à peu, la féodalité, puis la royauté ont vu s'affirmer la prééminence des liens affectifs entre le suzerain, le souverain et ses sujets.
Au nom de la raison triomphante, les classes dirigeantes ont ensuite instauré des liens basés cette fois sur la connaissance, l'intelligence, la raison.
Mais, Rabelais le disait déjà : “Science sans conscience n'est que ruine de l'âme” ; aussi, est-ce à la conscience qu'il nous faut aujourd'hui faire appel pour permettre aux dix milliards d'hommes que comptera la planète d'ici une soixantaine d'années (même pas une vie d'homme !), d'y vivre dans la paix, la prospérité, la sécurité.
Démocratie réelle et démocratie directe
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| L'Agora à Athènes |
Dans la démocratie réelle, nous entendons confier le pouvoir politique à toutes les citoyennes et tous les citoyens libérés de leurs obligations professionnelles et qui le souhaiteront.
Il ne saurait toutefois être question d'instituer une forme de "gérontocratie" (encore que la moyenne d'âge des députés et plus encore des sénateurs s'apparente à une forme de gérontocratie).
Voir les projets "Agora", "Rabelais" et "Sisyphe".
Convergences
Quatre faits nouveaux convergent pour préparer cette nouvelle organisation cette nouvelle conception de la société, donc de la Politique :
Convergence anthropologique : L’homme naît primate, nous l'avons dit, et ne devient sapiens-sapiens qu’au terme d’une longue éducation. L’élévation continuelle du niveau d’éducation ET de l’espérance de vie dans nos sociétés permet à des tranches chaque année plus larges de la population d’atteindre ce stade d’évolution (voir graphique).
Convergence historique : le passage à des rapports, comme nous l'avons dit plus haut, basés dorénavant sur la conscience.
Convergence sociologique : Désormais, il n’est pas rare de voir cohabiter 4, voire 5 générations. Il devient donc urgent que la société s’organise pour tenir compte de cette nouvelle donne avec pour objectif de satisfaire aux véritables besoins de la société.
Il serait ainsi intéressant de redéfinir les 4 âges de l'homme :
1er âge (enfance et adolescence) : les "apprenants" au sens le plus large possible (l'apprentissage de la vie n'étant pas le moins important). C'est de cette génération que dépendra l'avenir de la société, peut-être même de l'humanité et il est essentiel, voire vital, de redéfinir les buts, la finalité d'un enseignement, et d'une éducation dignes de ce nom. A l'image de la cellule, chaque individu en particulier doit recevoir l'information, l'éducation qui lui permettra de devenir le citoyen dont rêvait Pierre Mendès-France, heureux dans la société, dans la vie, dans son travail, (reconnaissons que nous en sommes loin, peut-être même nous en éloignons-nous !) Ce sera notamment la mission des femmes et des hommes du 3e âge.
2e âge (l'âge adulte, l'âge des parents) : les "producteurs", c'est-à-dire tous ceux qui concourent à la prospérité de la société (paysans, artisans, pêcheurs, employés, ouvriers, fonctionnaires, industriels…)
3e âge : "l'âge mûr", l'âge des grands-parents (les "retraités") qui aurait pour mission d'assurer la transmission des savoirs, de contrôler les organes de l'État, mais également les organismes divers, et également d'organiser des solidarités inter-générationnelles, notamment en prenant le plus grand soin des personnes du 4e âge, le "Grand âge".
C'est au sein de cette catégorie que se recruteront les futurs responsables politiques, leur désignation se faisant sur la base du volontariat suivi d'un tirage au sort puis éventuellement d'une élection. Dans ces conditions, toutes les classes de la société seraient peu ou prou représentées proportionnellement à leur importance numérique au sein des instances dirigeantes, et on peut penser que le problème de la parité hommes/femmes sera définitivement réglé.
4e âge : "le Grand âge", l'âge des arrière-grands-parents devra faire l'objet des soins les plus attentifs de tous, mais particulièrement des citoyennes et citoyens du 3e âge.
La frontière séparant ces différents âges étant très fluctuante d'un individu à l'autre, on se gardera bien de fixer des limites trop précises. Pour ne prendre que l'exemple de l'âge des "apprenants", on sait bien que la limite peut aller de 16 à 30 ans et plus. On peut d'ailleurs penser que le citoyen de demain sera un éternel apprenant.
Convergence scientifique (techno-scientifique) : Internet, mais également tous les moyens de communication quasi-instantanée, les vidéoconférences, la télévision numérique, l'interactivité, l'informatique… bouleversent totalement les rapports humains. Il serait irresponsable de ne pas intégrer cette nouvelle donne dans l'élaboration de pratiques politiques innovantes.
Que faire ? Que les philosophes deviennent rois par une "révolution de velours"
Que faire en effet pour opérer un changement de régime (en clair pour promouvoir l'avènement d'une VIe République) sans effusion de sang ?
Nos amis des anciens pays dits de l'Est, nous ont montré l'exemple en 89 (1989).
Petit rappel : La "Révolution de velours", remarquable - d'où son nom - par le peu de sang versé, se déroula en Tchécoslovaquie du 16 novembre au 29 décembre 1989, précipita la chute du régime communiste et la fin de la République socialiste tchécoslovaque, dans la lignée de la chute du communisme en Europe, et marqua la fin des "années de plomb" ("Normalisation") entamées par l'invasion des "pays frères" communistes en 1968.
Soyons clair, on ne peut attendre des hommes politiques actuels, quelque soit leur mérite, de scier la branche sur laquelle ils ont fait leur nid, même s'il en est de très vertueux.
J'en profite pour affirmer ici que mon propos n'est pas de juger les "Politiques" (hommes ou femmes), quelque soient par ailleurs la sympathie ou les griefs que l'on peut nourrir à leur égard, mais un système dont, à notre insu, nous sommes les jouets. Je pense que les politiques que l'on vilipende ne sont que des leurres largués par la "super forteresse volante" qu'est le Système.
Il convient par conséquent selon nous, de créer un mouvement réunissant tous ces "philosophes" qui ont vocation à être "rois" avec pour objectif de se présenter aux prochaines législatives et de prendre l'engagement, en cas de victoire, de transformer l'assemblée ainsi élue en Assemblée constituante.
Comme son nom l'indique, cette Assemblée aura pour mission de rédiger une nouvelle constitution mettant en pratique les principes énoncés plus haut et de mettre en place, à tous les niveaux, les nouveaux Conseils de Citoyens.
A l'échelle des conseils municipaux ou de quartier, l'accès sera libre (toutes les citoyennes et tous les citoyens du "3e âge" en seront membres de droit). La désignation des délégués aux niveaux départemental, régional et national se fera soit par élection, soit par tirage au sort, soit encore par une combinaison des deux modalités. Ce sera bien attendu à l'Assemblée constituante de le définir.
Encore une fois, "Rien ne prenant sens si ce n'est à la lueur de l'évolution", il conviendra de faire preuve de pragmatisme et d'évaluer en permanence la pertinence des mesures adoptées.
Le rôle de ces conseils sera triple :
- lieux de libre expression des citoyennes et des citoyens.
- contrôle des élus et de l’administration.
- centre de réflexions et de propositions (lois, dispositions diverses) pour organiser la vie de la société et promouvoir l’amélioration des conditions de vie de chacun.
Pour en finir avec l'hyper-présidence monocratique
Cette Assemblée constituante aura également pour mission de redéfinir le rôle ainsi que les attributions du Chef de l'État.
Le système mis en place par le Général de Gaulle en 1958 dans les conditions que l'on sait est allé, comme tous les systèmes humains, au bout de sa logique jusqu'à l'absurde. Faisons en sorte qu'il n'atteigne pas à l'abject ainsi qu'il en prend le chemin.






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